Fin 2017, et pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, les Français ont subi une pénurie de beurre dans les rayons de leurs magasins. C’est l’un des impacts de la mondialisation sur le contenu des assiettes. Cette crise du beurre est ainsi due à la forte demande des consommateurs chinois pour le lait entier… et la tartine beurrée ! Responsables aussi, les éleveurs français qui préfèrent vendre cher à l’étranger le produit de leur traite, plutôt que de l’écouler à bas prix dans les grandes surfaces du pays. La France n’a jamais importé autant son alimentation. La mondialisation s’est donc bien invitée à nos tables et dans nos campagnes. Elle ouvre des opportunités, mais risque aussi de faire des ravages. « L’Angle éco » a ainsi rencontré des paysans heureux qui expédient le lait de leurs vaches à Shanghai, au lieu de le barater pour les plaquettes de beurre domestiques. La France n’a jamais importé autant son alimentation… Si la mondialisation offre naturellement des prix bas, les consommateurs ne savent plus où et comment sont produits les aliments qu’ils achètent. D’autre part, elle est une menace pour l’emploi dans l’industrie agroalimentaire et l’agriculture. Elles ne sont plus protégées de la concurrence mondiale et perdent en moyenne 30 000 postes par an. Est-ce la fin l’indépendance alimentaire française ? Quelques exemples d'étranges mutations dans le paysage françaios. Expédier du lait à Perpignan coûte plus cher que de l’envoyer à Shanghai ! Alors que leur filière est en crise, les éleveurs du Cotentin ont fait leurs calculs : depuis qu’ils ont fait entrer la mondialisation dans leurs étables, ils boivent du petit lait… La tomate est une des matières premières les plus mondialisées. Si la Chine est devenue le premier exportateur mondial de concentré de tomate, bien peu de fabricants de coulis indiquent son origine. De Bologne à Shanghai, révélations sur les secrets de l’or rouge et les derniers résistants de la tomate. Les exploitations de quatre paysans de Haute-Marne étaient dans le rouge. Alors, pour sauver leurs comptes et les faire passer au vert, ils ont délocalisé leur production… en Ukraine ! Là-bas, ils se relaient en famille pour exploiter 10 000 hectares et engranger de confortables bénéfices. En trois ans, le prix de la vanille a été multiplié par dix. A Madagascar, où 80% de la vanille mondiale est récoltée, la spéculation fait flamber les cours. Si elle est une bénédiction qui enrichit les planteurs, elle est aussi une malédiction qui risque de ruiner toute l’économie de cette épice si convoitée.